lundi , 28 mai 2018
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Tramway de Jérusalem: la pression monte sur Veolia

Tram_j__rusalem_1.jpg(Info Palestine)- En refusant de prendre en compte les nombreux appels de militants pour leur retrait du projet de tramway de Jérusalem, Veolia et Alstom n’ont servi qu’à renforcer leur image comme des entreprises qui se moquent des droits humains et du droit international.

Dans la Jérusalem-Est occupée, le réseau du tramway israélien que construit actuellement, en violation du droit international et sur un territoire saisi aux Palestiniens, la société européenne Veolia va modifier fondamentalement le paysage. Veolia et Partner Alstom ont poursuivi leur implication dans ce projet contesté, attirant l’attention des institutions financières et des organisations civiles. Récemment, la Coalition civile pour la défense des Droits palestiniens dans Jérusalem, qui comprend 18 institutions, a mis sur liste noire Veolia en tant que société compromettant les droits humains palestiniens, car elle a délibérément ignoré les appels à se retirer du projet de tramway.

Matthijs Bierman, directeur de la banque néerlandaise en pleine expansion, Triodos, a noté cet été dans la publication Triodos Nieuws, que les clients « votaient avec leur pied ». Chaque fois qu’ils achètent un produit ou un service, ils votent en faveur de la société. Alors que les clients peuvent aussi exprimer un vote négatif en boycottant les produits comme ils l’ont fait pour ceux exportés par l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid. Interrogée sur sa politique d’investissement dans Veolia et Alstom, la banque a répondu qu’elle n’avait pas investi et qu’elle n’investira pas dans ces entreprises. Triodos ne veut pas soutenir des régimes dictatoriaux à cause de leur caractère antidémocratique. En Palestine, en raison de l’occupation israélienne, la démocratie est impossible. C’est pourquoi Triodos exclut explicitement les sociétés qui aident à la poursuite d’une occupation, comme Veolia, Alstom, Motorola et Caterpillar.

Dans une interview publiée récemment par le site Business and Human Rights Recourse Center, des analystes d’un cabinet conseil suédois, Ethix, qui aide les investisseurs dans des investissements responsables, ont expliqué que les résolutions des Nations unies sur la colonisation israélienne étaient prises en compte dans la sélection des sociétés pour ses clients. Ethix vise les sociétés qui fournissent des engins mécanisés pour détruire les maisons palestiniennes ou qui fabriquent et livrent de façon répétée des armes utilisées contre les civils en violation du droit humanitaire. Ethix a appris la participation de Veolia et d’Alstom dans le projet de tramway de Jérusalem par des articles de presse et a établi que ce projet ne répondait pas aux normes internationales pour les investissements responsables.

Dans le procès contre Veolia et Alstom en France, ces sociétés ont soulevé une série d’objections pour éviter une discussion sur le fond à l’audience. Par exemple, elles ont d’abord affirmé qu’elles n’avaient jamais signé de contrat avec le gouvernement d’Israël. N’empêche que le tribunal de Nanterre a ordonné, en juin, à Veolia et Alstom de produire le contrat complet du tramway, signé le 22 septembre 2004, avec ses avenants et une traduction légalisée en français. Début septembre 2008, les sociétés ont déposé tous les documents requis au tribunal et la prochaine audience est prévue le 24 novembre 2008, où les avocats représentant l’OLP (Organisation pour la libération de la Palestine) et l’AFPS (Association France Palestine solidarité) présenteront leurs conclusions. Le tribunal décidera de la procédure à suivre après cette audience.

Des fonds de pension néerlandais ont exclu les entreprises impliquées dans la production d’armes suite à des pressions de clients. Inspirés par cette politique, des militants ont demandé à PGGM, l’un des principaux fonds de pensions néerlandais, de se dégager de Veolia, l’une des 4 500 sociétés de son portefeuille. Chaque année, l’institution indépendante Dutch Sustainability Research examine le cas de toutes les sociétés sur leur possible implication dans des violations des droits humains, pour le compte de PGGM. Bien que Veolia n’ait pas été signalée par Dutch Sustainability Research, PGGM a promis de s’informer sur les activités de cette société et de déterminer si une action s’imposait. Dans d’autres pays européens, des militants ont commencé à faire pression sur des fonds de pension et des conseils municipaux pour qu’ils excluent Veolia de leurs relations.

Au cours de ces dernières années, des militants du Danemark, de France, d’Irlande, des Pays-Bas, de Norvège, de Suède et de Suisse, ont fait passer un message clair aux institutions de leur pays pour qu’elles écartent les entreprises qui profitent de l’occupation israélienne. En refusant de prendre en compte les nombreux appels de militants pour leur retrait du projet de tramway de Jérusalem, Veolia et Alstom n’ont servi qu’à renforcer leur image d’entreprises qui se moquent des droits humains et du droit international.

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