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Suisse: Un appel au parlement pour interdire le port du voile intégral

niqab-interdit-en-suisseMadame la Députée au Conseil des Etats,

Monsieur le Député au Conseil des Etats,

Au nom du Réseau laïque romand (RLR), j’aimerais vous inviter par la présente à suivre la décision prise par le Conseil national, mardi 27 septembre 2016, d’accepter l’initiative parlementaire visant à interdire le port des voiles intégraux et autres accessoires masquant le visage en public sur tout le territoire suisse.

Cette décision nous paraîtrait idéale dans le contexte actuel où la votation populaire annoncée avec plus 70% d’acceptation ne ferait que prolonger inutilement un psychodrame national autour de ces questions qui inquiètent, à juste titre, la très grande majorité de la population.

Nous rappelons l’importance du visage dans notre culture et pour la sécurité, y compris celle des femmes ainsi entravées. Lorsque ce voile intégral est imposé par l’entourage, notamment masculin, ou dans un climat de peur religieuse et d’intimidation culturelle et communautaire, il revient à l’Etat d’intervenir pour assurer l’égalité de traitement entre toutes les femmes en Suisse.

Si ce voile (tel que niqab et burqa) est «choisi», alors l’Etat devrait intervenir aussi car la mise en danger de la personne, de ses éventuels enfants et des autres subsiste; en effet, nous sommes alors confrontés à des jeunes filles (converties ou musulmanes de naissance) paumées, souvent en rupture avec leur famille, proies faciles pour les fanatiques, sans compter les militantes pures et dures d’un islam radical qui grignote les libertés en imposant aux autres musulmanes l’idée d’une couverture de plus en plus grande de leur corps et d’une soumission aux préceptes du groupe politico-religieux contre la société dans son ensemble.

Comme l’observe avec constance et finesse la représentante du Forum pour un islam progressiste, Madame Saïda Keller-Messahli, il est bel et bien question aujourd’hui – dans le contexte national et international, car la Suisse n’est pas une île – de «définir quel islam nous voulons en Suisse». Nous pouvons compter également avec l’imam de l’Union des musulmans bernois, par exemple, Monsieur Mustafa Memeti, pour qui une telle interdiction ne poserait «aucun problème» pour les musulmans, n’étant ni «théologiquement justifiée», ni partie des «obligations islamiques».

Concernant le tourisme en provenance du Golfe, nous savons que ses représentants ne se privent pas, aujourd’hui déjà, d’adopter à l’étranger des comportements différents de ceux qui sont imposés dans leurs pays. On a vu, après l’interdiction du voile intégral au Tessin, que l’Arabie saoudite a rédigé un communiqué invitant sa population à respecter l’interdiction. Sur un plan féministe, il nous semble inutile de vous préciser qu’une femme est une femme et que nous ne saurions fermer les yeux sur elle au motif qu’elle serait une simple touriste sous le joug de ses propres lois.

Le contexte actuel lourd de menaces inquiète les Suissesses et les Suisses, il inquiète en particulier les musulmans suisses et qui vivent en Suisse dans la sécurité. Nous devons préserver notre pays de toute visée fanatique et le faire savoir clairement en interdisant le symbole même de l’oppression politico-religieuse qui s’abat sur des millions de femmes dans le monde entier.

Notre point de vue repose sur la laïcité comme rempart aux dérives sectaires et comme cadre assurant la liberté de croire et de ne pas croire, d’une part, et, d’autre part, sur le respect de la diversité mais aussi du partage et donc d’un minimum de liens entre les citoyens d’un même pays. Mettre le voile intégral et son interdiction sur le même plan pour présenter ces deux démarches comme de simples «opinions» qui se valent, revient à nier une partie de l’histoire de notre pays fondée sur la paix religieuse non pas tombée du ciel, mais patiemment construite par nos ancêtres.

 

En vous remerciant de votre lecture, je vous prie de croire, Madame la Députée au Conseil des Etats, Monsieur le Député au Conseil des Etats, à l’assurance de ma haute considération. (Le Matin, 13/12/2016)

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