vendredi , 21 septembre 2018
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Feuilletons de ramadan, un festin de 30 jours

feuilleton_1.jpgQue ce soit sur les chaînes nationales ou satellites, de gros moyens ont été déployés pour remporter la meilleure audience. Des dizaines de scénarios dramatiques sont donc proposés aux téléspectateurs, mais avec, cette année, une programmation plus diversifiée et soucieuse de qualité que les précédentes. En plus d’une flopée de vedettes. Tour d’horizon.

La rivalité est habituellement à son apogée pendant le Ramadan où producteurs et stars se bousculent pour se tailler la part du lion dans la grille des feuilletons. Tous misent sur les faveurs du public aux yeux rivés sur le petit écran lors du mois sacré, avec au menu feuilletons, sitcoms, variétés et émissions religieuses. « La grille des drames télévisés du Ramadan sera cette année haute en couleur », déclare Ahmad Anis, président de l’Union de la radio et de la télévision égyptiennes. « La concurrence est féroce entre les dizaines de chaînes de télévision locales ou régionales, qui arrosent les téléspectateurs arabes d’un flot ininterrompu d’images à travers le satellite arabe Arabsat et égyptien Nilesat », estime-t-il. Les responsables de Maspero reconnaissent aussi un trait dans la programmation du mois sacré, à savoir la pluralité et la diversité, dans un contexte de convivialité.

La télévision égyptienne, qui cherche à fidéliser son public en répondant à son goût, en tenant compte de ses attentes et de ses commentaires, a conçu un programme soucieux de la qualité. Nombre d’indices l’attestent. « Nous respectons scrupuleusement les habitudes de plusieurs téléspectateurs à vouloir regarder exclusivement leur chaîne nationale durant ce mois sacré », affirme Suzanne Hassan, présidente de la Télévision égyptienne.

Plus exigeante en termes de qualité de produit « fini », la télévision égyptienne a renouvelé son système de filtrage. Dans cette perspective, en plus de la commission habituelle de lecture qui avait pour mission de valider les projets, la télévision impose depuis quelques années un nouveau filtre : la commission de visionnage. Son rôle ? « Contrôler la qualité du produit, traquer la banalité et vérifier si le goût général a été bien respecté dans la réalisation des projets », souligne le critique Ahmad Saleh.

Avec ces mesures qui s’annoncent draconiennes, plusieurs satellites arabes ont décidé récemment de participer à la production de certains feuilletons, surtout après le succès de l’expérience lors du dernier Ramadan.

Des habitués de gros calibre au menu ? Bien sûr. Héros inconditionnel des feuilletons du Ramadan, Nour Al-Chérif retrouve cette année ses fans dans une nouvelle conjoncture, avec le second volume d’Al-Dali. Il y campe un richissime homme d’affaires en proie à l’impitoyable concurrence dans l’univers mafieux et corrompu des magnats de la finance internationale. Le feuilleton est réalisé par Youssef Charafeddine d’après un scénario de Walid Youssef, et regroupe une pléiade de grands acteurs tels que Sawsan Badr, Salah Abdallah, Wafaa Amer, May Nour Al-Chérif et autres. A suivre tous les jours à partir de 19h40 sur la Chaîne 2 de la télévision égyptienne, en plus de plusieurs autres diffusions sur les chaînes satellite Art, Panorama Drama et Nile Drama.

A ce petit jeu, le grand maître pourra être sans conteste le comédien Yéhia Al-Fakharani, qui revient cette année après le grand succès rencontré de son dernier feuilleton Hamada Ezzo. C’est à travers le personnage de Charaf Fath Al-Bab, dans le feuilleton éponyme qu’il entend doper l’audimat. Avec des cheveux parcimonieux et une barbe touffue, il incarne un fonctionnaire modeste qui se trouve du jour au lendemain accusé de malhonnêteté. Cela le pousse à troquer la naïveté contre l’audace afin de juguler les malices de ses farouches adversaires. L’œuvre écrite par Mohamad Galal Abdel-Qawi et réalisée par la jeune Syrienne Racha Charbatji, est interprétée également par Hala Fakher, Ahmad Khalil et Mohamad Loutfi, et sera diffusée quotidiennement sur la Chaîne 1 ainsi que sur Art.

Come-back des stars

On assiste de même au retour de certaines stars au petit écran, telle la comédienne Samira Ahmad, qui s’est éclipsée deux ans depuis Zog ganab al-wazira (le mari d’excellence, Madame la ministre). Elle occupe le devant de la trame dans le feuilleton Guédar al-qalb (la paroi du cœur). Dans un scénario rédigé par Ahmad Abdel-Rahmane et réalisé par Ahmad Saqr, elle révèle la texture mitigée de la société égyptienne à travers les personnages d’une simple mère de famille, d’un fonctionnaire et d’un responsable arriviste, partageant la vedette avec Samir Sabri, Mahmoud Qabil et Ahmad Zaher. Le feuilleton est diffusé sur la chaîne satellite égyptienne Al-Hayat.

Quant au comédien Salah Al-Saadani, il marque un retour clinquant dans Adda al-nahar (le jour est achevé) renouant avec le succès qui l’a classé comme une des meilleures vedettes du mois de jeûne pour son rôle dans le feuilleton Layali Al-Helmiya (les nuits du quartier Al-Helmiya).

Le feuilleton qui a coûté la bagatelle de 15 millions de L.E. offre à Al-Saadani la chance de fédérer les spectateurs autour de sa prestation de qualité sous la férule du fameux tandem, le réalisateur Ismaïl Abdel-Hafez et l’écrivain Mohamad Safaa Amer.

L’œuvre, dont les événements se déroulent pendant les années soixante, jette la lumière sur les mutations économiques et sociales dont a témoigné cette époque, surtout après la défaite de 1967. Le feuilleton, du genre sérieux, est interprété également par Afaf Choaib, Menna Fadali et Nicole Saba et diffusé sur Nile Drama et Al-Hayat.

Parmi les grandes surprises de cette grille de Ramadan 2008, on déniche le feuilleton Asmahane, relatant la biographie et la carrière artistique de la fameuse chanteuse syrienne Asmahan, sœur du fameux Farid Al-Atrach, et dont la mort prématurée a soulevé de fortes interrogations. Après cinq ans de négociations et de délibérations avec la famille Al-Atrach, c’est la Syrienne Solaf Fawakherji qui a été choisie pour concrétiser celle qui a été baptisée « chanteuse des rêves », avec un bouquet de comédiens égyptiens et syriens. Cette biographie riche d’enseignements et d’images est à suivre tous les jours sur Orbit, Art et MBC.

Mais ce n’est certes pas la seule biographie à suivre au cours du Ramadan, puisque le jeune comédien Magdi Kamel, un des nouveaux espoirs qui s’affichent, incarne le personnage de l’ancien président égyptien, feu Gamal Abdel-Nasser, dans un feuilleton éponyme, rédigé par Yousri Al-Guindi et réalisé par Bassel Al-Khatib, avec la participation de Sawsan Badr, Salah Abdallah et Mohamad Wafiq.

Cieux plus cléments

Aussi, pour préserver indépendance vis-à-vis des programmes préconçus de la télévision nationale, le téléspectateur peut rejoindre d’autres cieux cathodiques plus cléments, méprisant moins leur intelligence, et autres exigences de qualité. Côté grand zapping sur les chaînes panarabes, la destination privilégiée de la « zapette » pourrait être cette année Dubai TV, diffusant le feuilleton Fi aiden amina (entre de bonnes mains). Un feuilleton dramatique et social dont les échos seront sans doute nombreux. Réalisé par le Jordanien Mohamad Azizéya, le feuilleton s’interroge sur la condition des enfants en Egypte parmi d’autres problèmes quotidiens dans les différentes couches de la société arabe.

Citons également d’autres titres susceptibles de se créer une bonne part d’audience dans la grille dramatique du Ramadan sur les satellites arabes, tels Nassim Al-Roh interprété par le jeune comédien Moustapha Chaabane, de retour à la télévision après trois ans d’absence depuis son œuvre Al-Amil 1001 (l’agent 1001), Bent men al-zaman dah (une fille de cette génération), joué par Dalia Al-Béheiri et Bassem Al-Samra, jetant la lumière sur le monde des enfants de la rue, ainsi que Qalb mayet (cœur dur) avec Ghada Adel et Chérif Mounir, et Baad al-fouraq (après la rupture) avec un Khaled Saleh, encensé pour ses derniers succès, et une Hind Sabri qui s’affiche pour la première fois dans un drame télévisé. Finalement, il y a Tayara waraq (cerf-volant) interprété par Mervat Amin, en plus de Rommanat al-mizane (point de support), avec lequel Poussy fait son come-back sur les satellites arabes.

« Beaucoup d’efforts ont été consentis pour la préparation de ce menu que nous essayerons d’offrir dans les meilleures conditions possibles tout en espérant qu’il trouvera un écho favorable », a déclaré Oussama Al-Cheikh, responsable des chaînes spécialisées Al-Nil à la télévision égyptienne. « Notre souci est de présenter à notre public de bons programmes qui puissent susciter son intérêt et le fidéliser à nos chaînes ».

Enfin, les mordus d’œuvres religieuses trouveront satisfaction avec le feuilleton Abdel-Halim Mahmoud, une troisième biographie, retraçant la carrière de l’ancien grand imam de l’institution islamique Al-Azhar. C’est naturellement le comédien Hassan Youssef, rodé aux rôles de guides spirituels, surtout après le grand succès rencontré dans son ancien feuilleton sur la vie de l’imam Mohamad Métoualli Al-Chaarawi, qui interprète cette personnalité d’envergure.

Bref, grand moment de consommation télévisuelle, Ramadan fait souffler un peu d’air frais dans les programmes des satellites arabes. Mais reste à ne pas oublier que Ramadan, c’est également un temps béni pour les feuilletons qui, sous couvert de franche rigolade, se permettent de faire passer bien des messages. Pour la plus grande joie des uns, et le franc scepticisme des autres l

Yasser Moheb, Al Ahram Hebdo, du 3au 9 sept. 2008

L’Egypte toujours en première place

L’Egypte garde sa position de maître régional dans la production cinématographique et télévisuelle. Sa production couvre tout le marché arabe, grâce à des sociétés de production. Ces productions sont vendues aux différentes chaînes arabes à des prix variant entre 10 000 et 15 000 dollars par épisode. Les budgets des feuilletons égyptiens de Ramadan 2008 ont dépassé cette année les 200 millions de livres égyptiennes (50 millions de dollars), la grande partie de ce budget est consacrée aux cachets des comédiens.

Cachets des acteurs :

Yéhia Al-Fakharani : 4 millions de L.E. (soit 850 000 de dollars).

Nour Al-Chérif : 3,5 millions de L.E.

Hussein Fahmi : 2,5 millions de L.E.

Salah Al-Saadani : 2,5 millions de L.E.

Hicham Sélim : 1,8 million de L.E.

Khaled Saleh : 1,8 million de L.E.

Cachets des actrices :

Yousra : 4 millions de L.E.

Mervat Amin : 2 millions de L.E.

Samira Ahmad : 2 millions de L.E.

Abla Kamel : 1,9 million de L.E.

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2 comments

  1. nabila bendaoud

    j’AI SUIVI AVEC BEAUCOUP DE PLAISIR ET D’ATTENTION LA SERIE SUR LA VIE DU GRAND MONSIEUR DU GRAND EGYPTIEN DE FEU LE PRESIDENT DJAMAL ABDEL NACER.JE NE PEUX QUE RESTER PERPLEXE DEVANT L’interpretation parfaite de l’acteur j’ai vecu chaque episode avec interet et je n’avais aucune remarque a faire sauf qu’il faut vraiment avoir du talent et aimer son president et son pays pour interpreter un role aussi difficile ;je souhaite a tous les acteurs madame sawsane badre et celle qui a joue le role de l’épousesa mere biologique madame wafaa ameur et le grand maitre de lecran celui qui interprete son oncle et tous les autres désolé mais je ne connais pas les noms soyez sur que mon admiration est tres grands bonne continuatio et continuez a brillez tel le soleil qui brille sur votre pays

  2. nabila bendaoud

    a madame ilham chahin et monsieur mustapha fahmi ce fut un épisode parfait ,une histoire que vit la famille aégyptienne et meme toutes les familles du monde dont le mari vit et travaille dans un autre pays ce n’est rien d’extraordinaire et ce n’est que justice si il fallait se marier et viver avec une autre alors que la premiere était la pour compter et decider le message est ceratainement arriver et pour beaucoup ce fut la joie que vous retrouviez la premiere épouse apres maintes périples
    bonne continuation vous etes tous les deux des stars alors continuez

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