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Ahmadinejad se prépare à un mandat difficile

Iran_1_2_1.jpg(Courrier International)- La cérémonie d’investiture du deuxième mandat de Mahmoud Ahmadinejad s’est déroulé le 5 août. Les conditions controversées de sa réélection vont cependant compliquer sérieusement les quatre ans de sa présidence, estime Rooz, webzine des Iraniens en exil.

n 2006, un an seulement après la prise de pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad, les problèmes de gestion du gouvernement sont devenus apparents à tous, y compris aux conservateurs iraniens. Très vite, les déclarations polémiques du nouveau président en matière de politique nationale comme internationale, les accusations sans fins contre tous les groupes et factions politiques du pays, y compris les conservateurs qui constituent sa base politique, ont dérangé. Plus important, son échec total à gérer le pays a démontré à quel point Ahmadinejad est un problème non seulement pour le peuple mais aussi pour les conservateurs.

Aujourd’hui, après quatre ans d’exercice du pouvoir, et après la réélection le 12 juin dernier d’Ahmadinejad à un deuxième mandat, le nouveau gouvernement va faire face à des problèmes dont le président a planté lui-même les graines. Le plus gros problème qu’Ahmadinejad s’est créé est cette élection présidentielle controversée. Il voulait enterrer pour toujours l’idée de scrutin libre en Iran et retirer l’aspect républicain du système islamique, enlever ce qui restait de pouvoir et de souveraineté à la nation iranienne. Le résultat de ce faux pas stratégique a été cette énorme crise politique qui a entraîné le soulèvement de millions de personnes et qui remet en question à présent la légitimité de la branche exécutive et même celle du système de gouvernance.

Aujourd’hui, non seulement Ahmadinejad et son gouvernement font face à une crise de légitimité, mais tout le régime est sous pression. Tôt ou tard, il sera questionné sur les conséquences de ses propres actions et devra répondre aux autres institutions de l’Etat. Ces institutions ont jusqu’à maintenant soutenu Ahmadinejad et les « résultats » de l’élection. Mais, dans les cercles les plus proches du pouvoir, Ahmadinejad est tenu pour responsable de la crise actuelle.

Sur la scène intérieure, dans les semaines à venir, le président devra se battre avec l’Assemblée nationale, le Majlis, au sujet du choix de ses ministres. Il devra soit céder aux pressions du Parlement et au réseau de pouvoirs qui l’entourent pour parvenir à une forme de compromis avec les groupes conservateurs élargis, soit transporter les luttes intestines de son camp – qui sont nombreuses – sur la scène du Majlis, aggravant ainsi la situation politique déjà complexe. Ces mêmes problèmes resurgiront à chaque projet de loi que le gouvernement tentera de faire passer devant le Parlement. Et, comme le Parlement a déjà dans ses cartons plusieurs lois datant du dernier mandat et qui restent à débattre, cela apparaît sans fin.

La semaine dernière, la nomination du vice-président Esfandiar Rahim Mashai [un proche d’Ahmadinejad, décrié par une partie des conservateurs pour avoir parlé de « l’amitié avec le peuple israélien »] à peine connue s’est heurtée à un mur du refus, ce qui a même obligé Khamenei, le guide suprême, à intervenir pour finalement invalider le choix d’Ahmadinejad. Voilà un exemple d’attitude qu’adoptent les députés, même conservateurs, à l’encontre des décisions et initiatives du président.

Courrier International, 05/08/09

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