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Tractations pour renouveler les cadres de l’islam

Le_Monde.jpgLa succession de Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, à la tête du Conseil français du culte musulman (CFCM), donne lieu à d’intenses tractations politiques et diplomatiques. A l’approche des élections qui doivent, le 8 juin, renouveler pour trois ans les instances représentatives de l’islam en France, l’Elysée a reçu, samedi 17 mai, M. Boubakeur, avant de rencontrer quelques jours plus tard l’ambassadeur algérien en France, dont le pays est impliqué dans la gestion de la Grande Mosquée de Paris.

Lors des deux précédents scrutins, un accord entre les diverses composantes de l’islam et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, avait pu s’imposer. Le contexte a changé. Après les deux mandats concédés à la Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris (FNGMP), les pouvoirs publics veulent amener les parties à s’entendre sur une alternance au profit de responsables originaires du Maroc, comme envisagée dès 2005. Mais une partie de la FNGMP, soutenue par les autorités algériennes, n’a pas renoncé.

Les accords de 2003 et 2005 ont été scellés au nom de liens historiques avec l’Algérie et « en compensation » d’un système électoral qui, selon la FNGMP, la désavantageait dans les urnes. Les musulmans d’origine algérienne sont les plus nombreux – l’Algérie continue de salarier une centaine d’imams en France -, mais ne sont pas les plus actifs dans la gestion des mosquées.

Les autres grandes fédérations, le Rassemblement des musulmans de France (RMF), soutenu par le Maroc, et l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), affichent leur souhait de tourner la page Boubakeur. La Mosquée de Paris a annoncé un boycottage des élections, et l’UOIF en a émis la menace ces jours derniers. Si le scrutin se tient comme prévu, les différents acteurs de l’islam devront se partager les postes à responsabilité.

La création des instances représentatives devait permettre aux organisations musulmanes de s’affranchir des ingérences étrangères. Cette fois encore, les discussions dépassent le cadre de l’islam français. Lors de ses derniers déplacements en Algérie et au Maroc, Michèle Alliot-Marie a abordé ces questions avec ses interlocuteurs. La représentation de l’islam est déjà fragilisée par cinq années de relative paralysie.

Ce dernier épisode paraît fort éloigné des préoccupations des fidèles, la construction de mosquées, l’abattage rituel, la formation d’imams ou l’inhumation dans des carrés musulmans.

Stéphanie Le Bars
Le monde 24/05/2008

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