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Nigeria: Les musulmans du nord ne veulent pas être assimilés aux Boko Haram

(AFP) 20/01/2012. « Nous ne connaissons pas Boko Haram. Il s’agit d’un problème qui concerne le Nigeria et pas les musulmans du nord du Cameroun. Il ne faut pas faire d’amalgame », affirme sous couvert d’anonymat un dignitaire religieux dans la ville de Maroua.

Deux exemplaires du Coran sont posés à même le sol, recouvert de nattes faisant office de tapis. « Notre travail c’est d’enseigner le Coran aux fidèles », précise ce religieux refusant d’aborder le sujet lié à la secte islamiste, qui préconise l’application stricte de la charia

Maroua, à moins de 70 km de la frontière du Nigeria, à l’ouest du Cameroun, est le chef lieu de la région de l’Extrême-Nord, majoritairement musulmane.

Dans les rues, les habitants se montrent méfiants, craignant d’être soupçonnés de lien avec ce mouvement sectaire dont certains membres ont par le passé été signalés ici mais aussi à Douala (sud), la capitale économique du pays. Les autorités régionales refusent toute déclaration.

Le Cameroun est souvent considéré comme base de repli pour certains membres de la secte traqués au Nigeria et le mouvement chercherait à recruter de nouveaux partisans dans le nord du pays, selon des rumeurs circulant dans la région.

La semaine dernière, le lamido (chef local) a réuni tous les imams de Maroua, ainsi que les prédicateurs « pour parler de ce phénomène », rapporte Boubakari Arouna, imam et secrétaire à l’éducation islamique de la région.

« Toutes les mosquées de la ville sont vigilantes. Nous n’admettons pas que des étrangers viennent y prêcher sans être au préalable renseignés sur les messages qu’ils veulent faire passer », souligne-t-il.

Le gouvernement camerounais a pour sa part décidé d’accentuer le contrôle des messages véhiculés dans les mosquées du nord pour empêcher la propagation de l’idéologie radicale – notamment antichrétienne – mais il s’agit d’une surveillance discrète assurée notamment par des agents de renseignements, apprend-t-on de sources concordantes.

« Nous ne souhaitons pas que des membres de la secte Boko Haram s’infiltrent (dans les mosquées) pour passer leurs messages », précise un responsable de la gendarmerie ayant requis l’anonymat.

Un imam de Maroua, Mal Hayatou Maldalille, répond: « Nous ne pouvons pas admettre les policiers en tenue dans les mosquées. Mais si des agents secrets sont présents dans les mosquées, nous allons prier avec eux. Après, ils peuvent faire leur rapport s’ils le souhaitent. Nous faisons notre travail sans nous préoccuper d’eux ».

« Lors de nos prêches du vendredi, nous prônons la paix et appelons les gens à faire du bien », assure-t-il.

« C’est normal qu’il y ait ce contrôle discret des autorités », souligne aussi l’imam Boubakari. « Les actes (attaques sanglantes) des Boko Haram ne nous plaisent pas. Ce n’est pas l’Islam », poursuit-il.

« Nous ne voulons pas que l’Islam soit stigmatisé. Nous ne savons pas ce que sont les raisons et les motivations des Boko Haram. Ils peuvent avoir un agenda politique », estime-t-il.

« Un vrai musulman ne fait pas de mal. Nous condamnons tout acte de violence et prions pour que se qui se passe au Nigeria n’arrive pas dans notre pays », dit pour sa part un enseignant du Coran, Djibrill Daïrou.

On attribue des centaines de victimes ces dernières années à la nébuleuse Boko Haram surtout dans le nord-est du Nigeria, mais aussi dans la capitale Abuja, en particulier contre les chrétiens et les forces de l’ordre.

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