mardi , 19 juin 2018
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Moussavi promet de poursuivre la lutte en Iran

Iran_1_2.jpg(Reuters)- Les opposants iraniens ont manifesté samedi en ordre dispersé à Téhéran mais leur chef de file Mirhossein Moussavi s’est déclaré prêt au martyre et a juré de poursuivre sa lutte contre le résultat de l’élection présidentielle malgré les menaces de répression des autorités.

La situation est demeurée tendue dans la journée à Téhéran, où un kamikaze s’est fait exploser dans le mausolée de l’ayatollah Ruhollah Khomeini et où la police a tiré en l’air pour empêcher des affrontements entre les partisans de Moussavi et ceux du président sortant, l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, soutenu par l’ayatollah Ali Khamenei.

Le successeur de l’ayatollah Khomeini, guide suprême de la République islamique, avait douché vendredi les espoirs des réformateurs en déclarant qu’il tiendrait les chefs de file de la contestation pour responsables de toute effusion de sang en cas de poursuite du mouvement.

Selon la télévision publique de langue anglaise Press TV, l’attentat visant le mausolée, confirmé par un haut gradé de la police, a fait au moins deux morts, dont le porteur de la bombe.

Elle a fait état de huit blessés dans cet attentat survenu à l’entrée nord du complexe qui risque d’indigner la population iranienne dans son ensemble qui, 30 ans après le renversement du chah, continue de vénérer « l’ermite de Neauphle-le-Château ».

L’attentat intervient une semaine après la publication des résultats officiels d’un scrutin présidentiel qui a divisé profondément le pays et jeté dans les rues de la capitale et d’autres grandes villes des centaines de milliers de réformateurs s’estimant privés de la victoire par une fraude massive orchestrée par le pouvoir en place.

D’après le récit d’un témoin, des partisans de Mirhossein Moussavi, officiellement battu par Mahmoud Ahmadinejad dès le premier tour du 12 juin, ont incendié un bâtiment d’un quartier sud de la capitale abritant des supporters du président élu.

Selon cette même source, des policiers ont tiré en l’air pour disperser des supporters de camps rivaux dans la rue Karegar.

« PRIS AU HASARD »

« Dans une allocution publique dans le sud-ouest de Téhéran, Moussavi s’est dit prêt au martyre et a déclaré qu’il poursuivrait sa lutte », a affirmé un proche de l’ancien Premier ministre, qui a souhaité rester anonyme.

Ailleurs dans la capitale, la police anti-émeute s’est déployée en force, utilisant grenades lacrymogènes, matraques et canons à eau pour disperser des manifestants descendus dans la rue malgré l’interdiction des autorités, ont rapporté des médias publics.

Les témoins évoquent des rassemblements de 2.000 à 3.000 personnes, qui n’ont rien à voir avec la taille impressionnante des protestations de ces derniers jours.

Pour sa part, le Conseil des gardiens de la Révolution, instance législative suprême du régime, s’est déclaré prêt à recompter 10% « pris au hasard » des urnes pour satisfaire la demande des partisans de Mirhossein Moussavi et de ceux des deux autres candidats battus.

« Bien qu’il ne soit pas légalement obligé de le faire, (…) le Conseil des gardiens est disposé à recompter dix pour cent des urnes prises au hasard en présence des représentants des trois candidats battus », a annoncé le Conseil.

Cette instance, chargée de valider le résultat du scrutin, avait invité les trois candidats battus à soumettre leurs doléances lors d’une session extraordinaire. Seul le candidat conservateur Mohsen Rezaï, s’est présenté.

Mirhossein Moussavi, ancien Premier ministre de l’imam Khomeini au temps de la guerre entre l’Iran et l’Irak et qui bénéficie aujourd’hui du soutien des réformateurs, exige une annulation pure et simple du scrutin.

Selon son site internet samedi, il a écrit au Conseil des gardiens pour réitérer sa demande d’annulation en affirmant que le truquage de l’élection avait été planifié « des mois à l’avance ».

Les forces de sécurité ont quadrillé samedi Téhéran pour empêcher la tenue d’autres rassemblements interdits. D’après un témoin, des volutes de gaz flottaient au-dessus de la place Enghelab (Révolution) après des heurts entre forces de l’ordre et manifestants. Ces derniers, d’après ce témoin, avaient décidé de se fragmenter en petits groupes dans la capitale en raison du déploiement massif de policiers sur la place.

Auparavant, un responsable de la police avait fait savoir que ses hommes réprimeraient avec sévérité toute nouvelle manifestation de rue contre les résultats du scrutin présidentiel.

L’agitation politique depuis la publication, le 13 juin, des résultats a fait, à en croire les médias officiels, entre sept et huit morts au total en Iran.

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