samedi , 23 juin 2018
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Finance islamique: un rapport du Sénat pointe « l’inertie » française

banque_islamique.jpgPARIS (AFP) – Un rapport de la commission des Finances du Sénat sur la finance islamique, publié vendredi, s’inquiète d' »une certaine inertie nationale » alors que son adaptation en France paraît relativement simple.

La commission des finances a organisé le 14 mai deux tables-rondes afin d’apprécier « l’opportunité et les modalités pour la France de s’insérer davantage sur ce marché » évalué à 700 milliards de dollars et qui croît entre 10 et 15% par an.

Née dans les années 70, la finance islamique, qui a pour objet de développer des services bancaires et des produits financiers compatibles avec les prescriptions de la loi coranique, s’impose de plus en plus comme une concurrente de la finance dite « conventionnelle ».

Le commission pointe toutefois « la situation paradoxale de la France vis-à-vis de la finance islamique: l’existence d’une certaine inertie nationale alors même que le développement de la finance islamique ne se heurterait à aucun obstacle » majeur.

Ainsi, alors que BNP Paribas, la Société Générale ou le Crédit Agricole ont ouvert des filiales spécialisées au Moyen-Orient afin de profiter de cette manne, leur activité sur le territoire national dans ce domaine est « plus que balbutiante ».

« Cet attentisme apparaît paradoxal dans la mesure où le développement de la finance islamique en France ne nécessiterait pas un +bouleversement+ du droit positif », relève-t-elle.

Ainsi, « la question de la réduction des frottements juridiques et fiscaux », à laquelle la ministre de l’Economie Christine Lagarde a promis de travailler en juillet, peut être traitée par des « réformes simples, non nécessairement d’ordre législatif », souligne ce rapport.

En outre, ce développement pourrait s’appuyer sur « deux atouts majeurs, à savoir une place financière d’ores et déjà compétitive et la présence » de la première communauté musulmane d’Europe, avec près de 5,5 millions de personnes. La commission met ainsi en avant « l’effet intégrateur potentiel » que pourrait avoir le développement d’une offre bancaire islamique sur les enfants des immigrants d’Afrique du Nord.

Outil d’intégration potentiel, la finance islamique nourrit toutefois la crainte qu’elle serve de « catalyseur du communautarisme », a déclaré à l’AFP Jean Arthuis, le président de la commission des Finances.

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