mardi , 17 juillet 2018
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L’Afrique musulmane peut tirer profit de la finance islamique (expert)

Islamic_bank_1.jpgRABAT (AFP) – Les pays musulmans d’Afrique francophone ou ceux comptant d’importantes minorités musulmanes peuvent mettre au service de leur développement la finance islamique préconisée par les Etats et les entrepreneurs du Golfe, estime un expert.

« Il serait dommage que l’Afrique soit une nouvelle fois à la traîne alors que toutes les conditions sont favorables », a affirmé vendredi à l’AFP Zoubeir Ben Terdyet, qui dirige la société de conseil Isla-invest, organisatrice du Premier forum africain de la finance islamique dans les pays francophones qui se tiendra début avril à Casablanca.

Pour ce jeune financier français d’origine tunisienne âgé de 29 ans, ce continent a trois avantages: « il y a des pays à forte population musulmane, beaucoup d’actifs africains sont +charia compatibles+, notamment l’exploitation des matières premières et les infrastructures, et enfin les pays du Golfe, ayant un excédent considérable de trésorerie, cherchent des opportunités ».

En effet, 18 pays africains francophones sont membres de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), parce qu’ils sont majoritairement musulmans ou parce qu’ils possèdent une forte minorité musulmane.

« L’idée est de proposer aux clients africains des produits respectueux des valeurs islamiques, car lorsqu’on est musulman pratiquant on ne peut pas accéder à la propriété ni placer son argent vu que les prêts le sont avec des intérêts. Cela augmenterait donc le taux de bancarisation dans ces pays », estime-t-il.

Pour trouver des financements et de nouveaux bailleurs de fonds pour l’Afrique, « il faut aller chercher l’argent dans le Golfe », où les hommes d’affaires « exigent de plus en plus que les produits soient respectueux de la charia », ajoute-t-il.

Lancées il y a une trentaine d’années, le nombre d’institutions financières islamiques dans le monde a atteint aujourd’hui plus de 400, réparties dans 75 pays. Le total de leurs actifs dépasse 800 milliards de dollars, et augmente en moyenne de 15% par an.

Par ailleurs, selon lui, une récente étude de KPMG, un cabinet international de conseil, affirme qu’un tiers des revenus du pétrole ira dans les prochaines années vers la finance islamique et le reste vers les financements classiques.

« C’est énorme », ajoute M. Ben Terdyet, qui s’est lancé depuis 2004 dans la promotion de ce type de finances.

Pour cela, il faut que les gouvernements africains aménagent les lois, notamment sur les droits de mutation et la TVA afin d’éviter aux investisseurs d’être pénalisés et que les produits islamiques reviennent plus chers que les produits normaux.

« C’est ce qui s’est passé au Maroc. On a lancé ce type de produits sans modifier la loi. C’est ce qui explique le flop », dit-il.

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    Susan Kishner

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