vendredi , 22 septembre 2017
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La prière du P. Shomali contre le mur dressé par Israël

Sur un champ d’oliviers à flanc de colline et battu par la pluie, le Père Ibrahim Shomali, curé de Beit Jala, a célébré vendredi 19 novembre une messe en plein air devant une trentaine de fidèles.

Derrière l’autel de fortune, une vaste banderole tendue entre deux arbres revendique « Nous vivons et nous existons ici ». Le Père Shomali a pris la tête d’une résistance « pacifique et spirituelle » contre la construction prochaine, sur ces terres de Beit Jala, du mur érigé par Israël pour séparer l’État hébreu des Territoires palestiniens de Cisjordanie.

PLUS DE 5 HECTARES DE TERRE CONFISQUÉS

« Ces terres, la dernière zone verte laissée aux Chrétiens de Beit Jala, sont le seul endroit où ils peuvent encore construire des maisons et cultiver leurs oliviers. 57 familles chrétiennes qui possèdent des terrains sont concernées par la future construction du mur ici », explique le prêtre en désignant par de grands gestes le futur tracé du mur.

Selon l’ONG palestinienne Arij, c’est le 13 octobre dernier que la municipalité de Beit Jala, ville chrétienne qui jouxte Bethléem, a reçu deux ordres militaires annonçant une nouvelle confiscation de plus de 52 dunams (plus de 5 hectares) pour poursuivre la construction du mur selon un nouvel itinéraire.

L’association précise qu’à terme, lorsque les 12 kilomètres de barrière seront construits sur la localité, plus de 640 hectares seront isolés de l’autre côté du mur, soit 45 % des terres initiales de Beit Jala.

RECOURS DEVANT UN TRIBUNAL ISRAËLIEN

Les Palestiniens de la ville ont déposé un recours contre le tracé du mur devant la justice israélienne, qui devrait trancher avant la fin de l’année. D’ici là, le P. Shomali continuera d’y célébrer une messe en plein air chaque vendredi.

« Ce sont les jeunes de Beit Jala qui sont venus me demander », raconte le curé au regard déterminé, qui en quelques minutes a enfilé sa chasuble, distribué des livres de prière et dressé l’autel sur la terre boueuse. « La politique, ici, est notre pain quotidien, constate-t-il. Nous n’avons pas le choix, nous devons le manger chaque jour. »

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