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La Fondation pour les oeuvres de l’islam est paralysée par les querelles entre la Mosquée de Paris et l’UOIF

Mosqu__e_de_paris_1.jpg(Le monde) 08/03/08-Les dissensions liées aux élections prévues en juin pour renouveler les instances représentatives musulmanes ont fait une première victime : la Fondation pour les oeuvres de l’islam.Installée en octobre 2007, cette structure devait rationaliser le financement de l’islam de France. Idéalement, l’argent collecté auprès des fidèles et des mécènes français et étrangers devait, en toute transparence, financer le fonctionnement des institutions musulmanes, la construction de mosquées, la formation des imams… Le ministère de l’intérieur y voyait un moyen de parvenir à un meilleur maillage du territoire en termes de constructions de lieux de culte. Quatre mois après, le bilan est maigre : la Fondation, dotée à l’origine d’1 million d’euros de fonds privés, s’est contentée de verser 150 000 euros au Conseil français du culte musulman (CFCM) pour son fonctionnement.

Les antagonismes traditionnels entre les représentants officiels de l’islam paralysent son démarrage. Présidée par le président du CFCM, Dalil Boubakeur, représentant de la Fédération de la Mosquée de Paris, elle doit, selon des accords entre les différentes parties et le ministère de l’intérieur, passer aux mains de Fouad Alaoui, vice-président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) dans deux ans. Les hommes, tous deux candidats à la présidence du CFCM, sont concentrés sur la bataille en cours et n’ont pas pris la peine d’avancer sur les chantiers dévolus à la Fondation. Le directeur général, promis par le ministère de l’intérieur pour gérer la Fondation, n’a pu être nommé, faute d’accord sur un nom.

MÉCÉNAT DES GRANDES ENTREPRISES

Au-delà des querelles de personnes, qui minent les institutions musulmanes, d’autres obstacles empêchent le bon fonctionnement de la Fondation. Les musulmans, unanimes, estiment qu’il revient à l’Etat et non pas à la Fondation de procéder à la collecte de fonds à l’étranger, en activant les réseaux diplomatiques dans les pays arabes. « L’Etat doit y mettre du sien, au nom d’une « laïcité flexible et ouverte » », plaide M. Boubakeur. La ministre de l’intérieur, Michèle Alliot-Marie, en visite en Arabie saoudite en février, a présenté la Fondation à son homologue.

Le principe de la Fondation, censée mutualiser les fonds, paraît en outre assez peu partagé. Chaque fédération dispose de ses propres réseaux de financement, dépendant de la nationalité ou des courants incarnés par ses représentants. Et il y a peu de chances qu’une association affiliée à une grande fédération choisisse de compromettre ses propres projets pour le bien commun. « Les fidèles font leurs dons à l’association musulmane qu’ils connaissent et les seules personnes susceptibles d’être intéressées par la Fondation sont les non-pratiquants qui veulent aider mais ne savent pas à qui donner », estime Haydar Demiryurek, responsable turc au CFCM.

S’ils ne souhaitent pas s’y impliquer personnellement, les représentants des musulmans évoquent aussi la possibilité de faire appel au mécénat des grandes entreprises privées françaises, en quête de contrats commerciaux dans les pays musulmans.

Aujourd’hui, les mosquées se créent au rythme des dons de fidèles vivant en France ou venant de l’étranger. Les cadres de l’islam, imams, aumôniers, formateurs, sont rémunérés inégalement selon les secteurs. Chaque année, l’Algérie et la Turquie envoient des dizaines d’imams, rémunérés par leur pays d’origine.

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