vendredi , 15 décembre 2017
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Iran: Ebadi nie des informations sur la conversion de sa fille au bahaïsme

Shirin_Ebadi_2.jpgTEHERAN (AFP) –L’avocate iranienne et prix Nobel de la paix Shirin Ebadi a démenti des informations de médias iraniens selon lesquelles sa fille se serait convertie à la religion bahaï, interdite en Iran.

Mme Ebadi a estimé que cette accusation résultait de sa décision de prendre la défense de sept membres de la communauté bahaï qui ont été arrêtés sur des soupçons d’action contre l’Etat et de liens avec Israël.

« Je suis fière de dire que ma famille et moi-même sommes chiites », -une branche de l’islam qui est majoritaire en Iran-, a dit Mme Ebadi dans le quotidien Kargozaran jeudi.

L’agence de presse officielle Irna a affirmé mercredi que « la fille d’Ebadi s’est convertie depuis presque un an au bahaïsme », en citant une « source informée ».

Un musulman iranien abandonnant sa foi est coupable d’apostasie, un crime punissable de mort selon la loi islamique.

Mme Ebadi a dit à Kargozaran qu’elle pensait que l’accusation relayée par Irna « découle de ma défense » des bahaïs arrêtés. « Deux de mes collègues et moi-même avons accepté de les défendre », a-t-elle ajouté.

Le Canada avait été le premier à faire état de l’arrestation le 14 mai de six Iraniens « membres des Amis de l’Iran, un groupe qui coordonne les activités de la communauté bahaï ».

Le gouvernement iranien avait confirmé mardi leur détention en les qualifiant de « groupe qui a agi contre les intérêts du pays et qui avait des liens avec des étrangers, particulièrement les sionistes ».

Le procureur adjoint de Téhéran Hassan Haddad a indiqué la semaine dernière que « sept bahaïs ont été arrêtés », et qu’ils avaient « accepté les accusations de formation de groupe illégal et de contacts avec Israël ».

Mme Ebadi avait déclaré en avril avoir reçu des menaces de mort par écrit, dont au moins une se référait à la supposée conversion de sa fille au bahaïsme.

Un message signé d’une « association anti-bahaï » l’accusait de « continuer à servir les étrangers et les Bahaï » et d’avoir impliqué sa fille dans ces activités. « Alors nous la tuerons afin que tu comprennes », disait le message.

L’agence Irna avait alors fait état de directives du président Mahmoud Ahmadinejad à la police pour assurer la sécurité de Mme Ebadi.

Mme Ebadi, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2003 pour son rôle dans la promotion des droits de la femme et de l’enfant en Iran, gêne les autorités avec ses protestations incessantes contre les violations des droits de l’Homme dans son pays.

Dans son interview à Kargozaran elle a affirmé qu’au moins un grand ayatollah, Hossein Ali Montazeri, a décrété que les Bahaïs disposaient de leurs droits civiques et donc d’un droit à être défendu en justice.

La foi bahaï est née en 1863 en Iran. Les bahaïs considèrent Bahaullah, né en 1817, comme le dernier prophète envoyé par Dieu sur terre, alors que pour les musulmans le dernier prophète est Mahomet.

Les adeptes de la foi, qui n’est pas reconnue par la République islamique, avaient été aussi persécutés sous l’ancien régime.

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