dimanche , 19 août 2018
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Des évêques contre l’excommunication d’une femme qui avait fait avorter sa fillette violée

PARIS (AFP) –Plusieurs évêques et fidèles catholiques français expriment leur incompréhension après l’excommunication d’une Brésilienne qui avait fait avorter sa fille de 9 ans enceinte à la suite d’un viol.

Mgr Norbert Turini, évêque de Cahors, dit « comprendre » l’émotion suscitée par cette excommunication. « Pourquoi ajouter de la sévérité à tant de souffrance? », écrit-il dans un communiqué.

« Je défends et défendrai toujours la dignité et le respect de la vie de son origine à son terme », ajoute-t-il, tout en rappelant cependant que « l’amour et la miséricorde parlent toujours plus fort, dans les Evangiles, que la condamnation et l’exclusion ». Il assure à cette femme et à cette fillette « qu’elles sont et seront toujours aimées par le Dieu de Jésus-Christ que nous appelons Notre Père ».

De son côté, Mgr Yves Patenôtre, au nom de la Mission de France, juge « inacceptable cette décision abrupte d’excommunier ».

« Bien sûr l’avortement est un acte de mort; il inscrit dans la chair de celles qui l’ont vécu des blessures qui ne se fermeront peut-être jamais. Mais comment se peut-il que devant un tel drame, l’Église se soit manifestée pour juger et condamner plutôt que pour entrer en compassion et reconduire vers la vie? », écrit-il dans un communiqué.

Cette excommunication « ne tient compte ni du drame vécu, ni du danger physique et moral encouru par cette enfant. (…) Nous le disons fermement à tous ceux qui sont troublés, nous ne nous reconnaissons pas dans cette mesure et nous demandons qu’elle soit levée le plus vite possible ».

Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du groupe de travail épiscopal sur la bioéthique, dit dans La Croix que « c’est toujours la bonté qui doit se manifester ».

Mgr Gérard Daucourt, évêque de Nanterre, publie jeudi sa lettre ouverte à Mgr Jose Cardoso Sobrhinho, archevêque d’Olinda et Recife, qui a prononcé l’excommunication. « Dans cette tragédie, lui écrit Mgr Daucourt, vous avez ajouté de la douleur à la douleur et vous avez provoqué de la souffrance et du scandale chez beaucoup de personnes à travers le monde ».

Les évangéliques sont également opposés à l’avortement mais « ils ne proclament pas de condamnation publique », ajoute Mgr Daucourt, soulignant qu’ils attirent actuellement beaucoup de catholiques, notamment au Brésil. Enfin, il estime qu’il y a d’autres moyens que l’excommunication « pour dire à nos communautés que le comportement ou les paroles de tel catholique ne sont pas en accord avec ce que l’Eglise comprend et croit de la volonté de Dieu ».

Jeudi, La Croix publie plusieurs lettres de lecteurs qui disent leur incompréhension. « Pourquoi l’Eglise ne parle-t-elle que d’excommunication et jamais de compassion? », écrit l’un d’eux.

Samedi, le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation pour les évêques, avait justifié cette excommunication prononcée par l’évêque de Recife car les jumeaux que portait cette enfant de 9 ans « avaient le droit de vivre ».

« Il faut toujours protéger la vie, l’attaque contre l’Eglise brésilienne est injustifiée », avait-il ajouté.

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