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Algérie: Hassan Hattab, une reddition et des interrogations

Hassan HattabLe fondateur du GSPC est entre les mains des autorités. Ayant déjà annoncé sa volonté de se rendre au début de l’année en cours à travers un communiqué, Hassan Hattab a finalement décidé de choisir la fin du mois de septembre pour se livrer aux autorités, comme confirmé par le ministre de l’Intérieur à Paris.

On le disait négocier sa reddition, l’ex-chef terroriste semble avoir reçu les garanties nécessaires pour pouvoir passer de la situation de stand-by qu’il occupait après avoir arrêté toute activité terroriste en 2005, à celle de repenti officiel. L’on ne peut toutefois s’empêcher de nous interroger sur les garanties qui accompagnent ce statut de repenti que lui reconnaît désormais l’Etat ? Sera-t-il question d’éteindre toutes les peines par contumace prononcées par la justice algérienne à son encontre, dont celle du tribunal de Batna qui l’a condamné à la peine capitale ou encore les vingt années de prison ferme prononcées par la cour d’Alger ? Yazid Zerhouni parle « d’éclaircir sa situation » face aux nombreuses poursuites judiciaires qui pèsent sur Hassan Hattab, alias Abou Hamza, et dont il aura à s’expliquer le 20 octobre devant la session criminelle à la cour d’Alger. Dans son communiqué publié en janvier 2007, l’ex-émir de la zone II du GIA et créateur du GSPC en 1998 a longuement loué la politique de réconciliation nationale et proposé d’appeler ses anciens acolytes à se rendre. Il ira même jusqu’à désavouer la nouvelle stratégie prise par le GSPC sous l’aile d’Al Qaïda, accusant ses initiateurs de vouloir « transformer l’Algérie en un nouvel Irak ». Sera-t-il pour autant absout de ses crimes et tomber sous la coupe des dispositions de la charte pour la paix et la réconciliation nationale dont les délais ont pris fin le 31 août 2006 ? Cette même charte porte en elle une disposition particulière qui permet au chef de l’Etat de prendre les mesures qu’il jugera nécessaires en vue de l’accomplissement de la politique de réconciliation. Hattab le lui rappelle d’ailleurs dans sa lettre en demandant la prorogation du délai de la charte et d’offrir en contrepartie son aide pour venir à bout du terrorisme à travers cette phrase : « Je suis en mesure de frapper fort ceux qui cherchent à ramener l’Algérie à son douloureux passé. » Une offre de service qui semble avoir abouti au mois de septembre dernier. Un mois qui a été caractérisé par une panique dont l’écho s’est fait retentissant de l’autre côté de la Méditerranée, et plus particulièrement en France, où officiels et observateurs n’écartent pas une recrudescence des actions terroristes, notamment sur le sol français ou contre des intérêts français à l’étranger. Simple coïncidence ou agenda bien étudié ? Si la présence de Zerhouni en France confirme que la menace d’Al Qaïda Maghreb est prise très au sérieux par Paris, il est aussi utile de souligner que l’annonce de la reddition du fondateur du GSPC a pour rôle d’apaiser les craintes et nourrit l’espoir de voir s’affaiblir les rangs de l’organisation de Droukdel. Hattab qui a arrêté ses activités terroristes depuis 2005 arrivera-t-il à opérer cette désagrégation du GSPC ? Une organisation qui a tout de même adopté un nouveau mode opératoire. Que d’interrogations entourant la reddition de Hassan Hattab qui devient une énigme aux multiples probabilités de réponse.

Nadjia Bouaricha, El Watan (Algérie) 08/10/2007

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