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Port du voile: six jeunes filles exclues des cours d’un lycée de la Réunion

Voile_1.jpgSAINT-DENIS-DE-LA REUNION (AFP) – Six jeunes filles musulmanes ont été exclues jeudi des cours du lycée Lislet Geoffroy à Saint-Denis-de-la-Réunion pour avoir refusé d’enlever leur foulard suite à une décision du proviseur de l’établissement, a-t-on appris samedi auprès du rectorat.

« L’administration scolaire ne peut pas faire autrement que d’appliquer la législation » a déclaré le proviseur à la vie scolaire du rectorat Eric Rottier qui s’était rendu dans le lycée dès mercredi.

Après une discussion avec l’équipe pédagogique, il a annoncé que la loi du 15 mars 2004 interdisant les signes ostensibles d’appartenance religieuse serait appliquée à la lettre. Il a exclu que le foulard puisse être porté à la manière d’un bandana, comme le réclament les jeunes filles.

Depuis jeudi, les six jeunes filles – quatre en seconde et deux en terminale – n’ont plus été autorisées à entrer dans l’établissement. Vendredi deux d’entre elles ont accepté d’enlever leur foulard, selon un professeur, les quatre autres persistant à le porter.

Le Parti communiste réunionnais a appelé samedi dans un communiqué les autorités locales à « distinguer l’application de la loi sur la laïcité dans l’île par rapport à la situation prévalant en métropole ».

Il a rappelé qu’en 2004, le recteur de la Réunion avait demandé une « application intelligente et d’agir avec discernement afin de ne pas créer de problème là où il n’y en avait pas ».

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2 comments

  1. Marchau Jean Pierre

    LA LAÏCITE, C’EST LA TOLERANCE, PAS L’EXCLUSION !

    L’affaire des jeunes filles musulmanes exclues du lycée Lislet-Geoffroy pour avoir refusé de retirer leur foulard illustre parfaitement les dangers de la loi votée en 2004 sur le port ostensible des insignes religieux.
    Lors du débat public, les Verts, entre autres, ont dénoncé son caractère potentiellement discriminatoire. Nous disions à l’époque qu’il suffirait qu’un fonctionnaire sourcilleux exige l’application stricte de cette loi pour qu’on en arrive à cette absurdité que la loi républicaine chasse des écoles publiques des jeunes collégiennes ou lycéennes, donc mineures, les renvoyant ainsi à la sphère privée familiale pour leur éducation, ce qui signifierait que l’Ecole républicaine renonce à assumer sa mission de scolarisation d’une fraction de la jeunesse.
    La loi a été finalement votée mais on pouvait cependant espérer qu’à La Réunion, terre traditionnelle de coexistences des diversités religieuses et culturelles, nous serions épargnés et qu’elle serait appliquée avec l’intelligence que requiert notre histoire.
    Il n’en est rien. Des enseignants nouveaux venus et ignorants les implications profondes du multiculturalisme réunionnais ont exigé l’application de cette loi. Dès lors la machine administrative s’est mise en route. L’exclusion de ces jeunes filles du système scolaire, se fait sur la base d’un chantage malsain : soit elles retirent leur foulard et elles sont acceptées, soit elles refusent de le retirer et elles sont exclues. L’Ecole n’en sort pas grandie : il s’agit d’une forme de pression morale qui ne peut que renforcer de jeunes adolescentes dans leur foi avec un lourd sentiment d’injustice.
    L’affaire de Lislet-Geoffroy marque une rupture dans les règles non écrites du vivre ensemble réunionnais. C’est pourquoi les Verts Réunion appellent les responsables académiques à tenir compte de notre tradition multiculturelle en recherchant et en proposant une solution acceptable pour ces jeunes filles.
    Sinon, il y a un risque réel de voir demain s’étendre à d’autres établissements scolaires cette demande d’application aveugle de la loi avec toutes les conséquences dommageables que l’on peut deviner. Et qu’en sera-t-il quand Mayotte sera un département français si un enseignant nouvellement arrivé exige, comme le prescrit la loi, que ces élèves mahoraises retirent leurs foulards ?

    Nous, Verts Réunion, nous défendons un idéal où laïcité rime avec tolérance.

    Pour les Verts Réunion

    Vincent Defaud porte parole régional des Verts
    Jean-Pierre Marchau porte parole Verts Saint-Denis

  2. Aissata Sidibe

    C’est très injuste. Vu que les musulmanes non pas d’autres choix que le port du voile car leur religions l’exige alors refuser aux femmes musulmane le port du voile c’est les empêcher de pratiquer leur religion et cela n’est pas la laïque

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