lundi , 20 novembre 2017
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Les Pays-Bas divisés par le balcon femmes de Rotterdam

Aboutaleb_1.jpg(Libération)- La ville de Rotterdam, dirigée depuis février par le maire d’origine marocaine Ahmed Aboutaleb, n’a rien trouvé à redire au projet de séparation des hommes et des femmes dans l’une de ses salles de spectacles. Le 27 février, le théâtre Zuidplein a réservé aux femmes les cinq premiers rangs de son balcon, soit 50 sièges sur 590. Salaheddine, l’humoriste d’origine marocaine qui montait pour la première fois sur scène ce soir-là, en avait fait la demande expresse. Cet éditorialiste du site internet Morokko.nl avait fait de son opposition à l’intégration le thème de son one-man show. Peine perdue : son public, aux trois quarts féminin, a ignoré l’espace qui lui était réservé.

La droite populiste néerlandaise a quand même protesté. «C’est une question de principe», martèle Anita Fahmel, élue locale de Leefbaar Rotterdam (Rotterdam vivable). Le conseil municipal a expliqué que la séparation des sexes ne lui posait pas de problème. «Selon nos valeurs occidentales, la liberté de vivre sa vie en fonction de ses propres convictions est un grand bien», a-t-il fait savoir. En outre, «les femmes ont le droit de décider si elles veulent des hommes à proximité ou non», estime la ville de Rotterdam. A l’en croire, cette séparation servirait même la cause de «l’émancipation», en rendant le théâtre accessible à certaines femmes.

Interpellé sur la question au Parlement par le député libéral Paul de Krom, le ministre de l’Intégration, Eberhard van der Laan, a tranché la semaine dernière, jugeant «inacceptable» d’avoir une section femmes dans un théâtre, qui plus est subventionné par la ville et l’Etat. C’est une violation de la loi sur l’égalité des traitements, a-t-il rappelé. Le même ministre avait pourtant autorisé l’organisation par les municipalités du pays de cours d’intégration séparés en fonction des sexes. L’objectif : éviter que les femmes refusent d’assister aux cours, en principe obligatoires pour tout nouvel arrivant, sous prétexte qu’elles y rencontreraient des inconnus. Van der Laan a cependant insisté sur la nécessité pour les immigrés de se familiariser avec le «principe d’égalité entre hommes et femmes». L’une des valeurs des Pays-Bas que les fameux cours d’intégration, précisément, sont censés inculquer.

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