Inde: de nouvelles violences entre hindous et chrétiens font un mort

BHUBANESWAR (Inde) – (AFP) –De nouveaux heurts entre hindous et chrétiens dans l’est de l’Inde ont fait un mort de plus mardi, a-t-on appris de source officielle, au moment où New Delhi a été critiquée par le Vatican et l’Union européenne pour ces violences inter-religieuses.

Dans l’Etat de l’Orissa, plus de 30 Indiens ont été tués depuis la fin août dans des accrochages entre la communauté majoritaire hindoue et la minorité chrétienne, forçant des dizaines de milliers de villageois à fuir après l’incendie d’un demi-millier de maisons et de dizaines d’églises et paroisses.

Mardi, « une femme est morte et huit autres personnes ont été blessées, dont quatre grièvement », a indiqué à l’AFP Hemanta Swain, fonctionnaire du département de Kandhamal à 300 km de la capitale régionale Bhubaneswar.

La personne tuée, quinquagénaire, s’appelait Ramani Nayak, mais sa religion n’a pas été dévoilée.

Les autorités et la presse sont extrêmement réticentes à révéler la confession des victimes d’émeutes interreligieuses, qui jalonnent l’histoire de l’Inde.

A Kandhamal, tout avait commencé le 23 août par l’assassinat d’un dignitaire du Conseil mondial hindou (Vishwa Hindu Parishad, VHP), Swami Laxmanananda Saraswati. La police y a vu la main de rebelles maoïstes mais des hindous ont accusé des « chrétiens ».

Une première victime, une hindoue, avait péri dans l’incendie d’un orphelinat catholique lors de manifestations de vengeance du VHP et du parti nationaliste hindou de l’opposition, le Bharatiya Janata Party (BJP).

Dans l’Orissa –où le missionnaire chrétien australien Graham Staines et ses deux fils avaient été brûlés vifs en 1999– des extrémistes hindous font campagne contre des conversions, qu’ils prétendent « forcées », au christianisme d’hindous de basses castes, des « intouchables », et des membres de tribus, qui souffrent de discriminations.

L’Inde peuplée de 1,1 milliard d’habitants –dont 80% d’hindous, 14% de musulmans et seulement 2,3% de Chrétiens– a été très critiquée par le pape Benoît XVI et l’Italie. La question des violences antichrétiennes a été soulevée par l’Union européenne lors de son sommet avec l’Inde lundi à Marseille.

Le Premier ministre Manmohan Singh, un sikh, a parlé de « honte nationale ».

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