mercredi , 26 juillet 2017
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France: l’histoire de l’esclavage sera enseignée en primaire

esclavage_1.jpgPARIS (Reuters) – L’histoire de l’esclavage « commune à tous les Français » sera enseignée à l’école primaire à partir de la rentrée, a déclaré samedi Nicolas Sarkozy à l’occasion de la Journée nationale de la mémoire de la traite négrière.

Lors d’un discours prononcé dans les jardins du Luxembourg, à Paris, le président a émis le souhait que le souvenir de cette « tragédie qui a meurtri durablement des continents entiers » soit une source d’apaisement pour la société.

Aboli une première fois en 1794 puis rétabli par Napoléon, l’esclavage a été définitivement interdit en France en 1848.

« Regardons cette histoire telle qu’elle a été, regardons-la lucidement, car c’est l’Histoire de France », a déclaré Nicolas Sarkozy devant plusieurs centaines de personnes.

« Parce que les Français l’auront comprise, cette histoire, alors, deviendra notre histoire commune, l’histoire de tous les Français, pas simplement l’histoire d’une partie d’entre eux », a-t-il poursuivi.

La Journée nationale de commémoration consacrée à la mémoire de l’esclavage, de la traite négrière et des abolitions a été instaurée il y a trois ans, le 10 mai.

Elle se base sur la loi du 21 mai 2001 dite « loi Taubira », du nom de la députée de Guyane Christiane Taubira, qui reconnaît l’esclavage comme un crime contre l’humanité.

La traite des Noirs « est une blessure profonde qui pèse encore sur nos consciences et les mémoires portent le poids de cette histoire », a fait remarquer le chef de l’Etat, qui s’est dit conscient « qu’il existe encore aujourd’hui des inégalités qui trouvent leur origine dans cet héritage si douloureux ».

« Ayons le courage d’en parler pour assumer ensemble notre Histoire », a-t-il demandé.

« Je voudrais qu’on mette cette lucidité au service de l’apaisement », a ajouté le président, pour qui « le devoir de mémoire ne peut souffrir des concurrences et des clivages ».

Cette volonté se traduira à l’école afin, a dit Nicolas Sarkozy, « que nos enfants puissent comprendre ce qu’a été l’esclavage » et « mesurer les souffrances que l’esclavage a engendrées, les blessures qu’il a laissées dans l’âme de tous ceux que rien ne peut délier de ce passé tragique ».

« MARCHE DES LIBERTÉS » À PARIS

La traite des noirs, l’esclavage et l’abolition devraient ainsi figurer dans les nouveaux programmes de l’école primaire à la rentrée 2008.

La date de l’abolition et le nom de son initiateur, Victor Schoelcher, sont déjà au programme du cours moyen, a précisé sur France 3 l’historien Philippe Joutard, qui a présidé le groupe d’experts pour les programmes de l’école primaire mis en application en 2002.

Dans son discours, Nicolas Sarkozy a par ailleurs demandé que soient étudiés au collège et au lycée l’oeuvre d’Aimé Césaire, poète et député martiniquais décédé le mois dernier à l’âge de 94 ans.

Autre annonce du chef de l’Etat : le 23 mai deviendra « une journée commémorative pour les associations qui regroupent les Français d’Outre-Mer de l’Hexagone et qui souhaitent célébrer le passé douloureux de leurs aïeux ».

Nicolas Sarkozy était notamment accompagné dans les jardins du Luxembourg par les ministres de la Culture et de l’Intérieur Christine Albanel (Culture) et Michèle Alliot-Marie, et par la secrétaire d’Etat à la Politique de la ville, Fadela Amara.

Avant son discours, une courte cérémonie a permis d’écouter des oeuvres du chevalier de Saint-Georges, musicien guadeloupéen du XVIIIe siècle.

Dans le cadre de cette journée, une « Marche des libertés » contre les discriminations était organisée à Paris à l’appel d’organisations de défense des droits de l’homme, dont le Conseil représentatif des associations noires (Cran).

Aux cris de « A bas les préjugés », plusieurs dizaines de milliers de personnes selon les organisateurs, 2.000 selon la police, ont défilé entre la place de la République et celle de la Bastille, où ils ont composé une chaîne humaine formant dix anneaux autour de la colonne centrale de la place.

« Les chaînes sont dans nos têtes », « Non au contrôle de faciès » et « Ouvrier ou député, tout doit être possible », pouvait-on lire sur des banderoles.

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