lundi , 21 août 2017
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EXPOSITION. « Le Corps découvert », à l’institut du monde arabe, dévoile plus d’un siècle de nus, à partir du XIXE.

(Aujourd’hui en France) 6/5/12: On se déshabille beaucoup ce printemps dans les musées parisiens. Mais si les n u s d ’ Ed g a r Deg a s à Orsay et d’helmut Newton au Grand Palais étaient att endus, ceux de l ’ I nstitut du mondearabe (IMA) jouent les invités surprises. La sensualité, à commencer par la danse du ventre, n’a jamais été absente de l’orient , au contraire, mais peindre ou photographier des femmes et même des hommes nus, y compris des homosexuels, « constitue une matière jusqu’ici ignorée, une sorte de terra incognita » dans le monde arabe, selon les responsables de l’exposition « le Corps découvert ». A tel point que certains visiteurs se sont étonnés de ne pas voir les oeuvres davantage protégées ni la sécurité renforcée. Un mois après l’ouverture, aucun incident n’a été signalé. Les témoignages écrits à la sortie sur le livre d’or par le public évoquent massivement l’« audace », le « courage » et la « bonne surprise » d’un art arabe qui s’affranchit des tabous. Car c’est la première fois que L’IMA, en vingtcinq ans d’existence, ouvre ses salles à la nudité, avec même une « zone interdite aux juniors » en raison de certaines pièces contemporaines qui peuvent choquer le jeune public.

Tableaux, photos, vidéos

L’histoire secrète des corps, non plus cachés mais dévoilés, mis à nu, commence dès la fin du XIXE siècle, avec ces peintres libanais proches des impressionnistes, comme Khalil Saleeby (1970-1928), ami de Renoir. Les artistes égyptiens ou libanais faisaient « le grand tour » en Europe pour se former à la peinture de chevalet . Grand coloriste, Saleeby a appris le métier à Paris. César Gemayel (1898-1958), qui porte le même patronyme qu’une illustre famille politique libanaise, a passé sa vie, lui, à chercher le reflet parfait sur des femmes au bain, ou endormies, comme abandonnées. Autre pionnier, l’egyptien Georges Hanna Sabbagh (1887-1951), grand peintre de nus, proche de Modigliani, prendra la nationalité française. L’érotisme, d’une rive à l’autre de la Méditerranée, reste une langue commune. Luxe, calme et volupté irradient dans les baigneuses de Moust a f a Fa r r o u k h , e n 19 3 6 , comme dans les tableaux de Matisse ou Derain la même année. L’art contemporain, dans la seconde partie de l’exposition, divise davantage. Le refrain de « la Marseillaise » sur une vidéo de danse du ventre dont on n’aperçoit que le tissu bleublanc-rouge qui ondule veut marquer les esprits, mais fait l’effet d’un pétard mouillé. Le Printemps arabe ne date en tout cas pas d’hier chez les nouvelles générations, même s’il restait invisible. Les deux dernières décennies sont marquées par un déferlement d’audaces. Comme cette autre vidéo d’une danse du ventre de femme enceinte, intitulée « Made in mode grossesse ». La maternité devient objet de représentation, y compris de manière provocante. Des polémiques comme l’art contemporain adore en générer, à Paris comme à New York. Et , désormais, aussi chez les jeunes artistes nés au Maroc ou en Tunisie.

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