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Donald Trump et l’islam, place au discours

(AFP 21/05/2017) Pour sa première sortie sur la scène internationale, Donald Trump s’essaye dimanche, d’Arabie saoudite, à un exercice à haut risque: un discours sur l’islam.

Si l’entreprise est semée d’embûches pour tout président des Etats-Unis, la rhétorique de campagne incendiaire du magnat de l’immobilier et ses décrets migratoires controversés -pour l’heure bloqués par la justice- lui rendent la tâche encore plus ardue.

Après une première journée à Ryad centrée sur l’annonce de méga-contrats d’armements -« des emplois, des emplois, des emplois », s’est réjoui Donald Trump- le locataire de la Maison Blanche, qui tente de faire oublier ses ennuis à Washington, passe à un autre registre.

Il fera devant une cinquantaine de dirigeants de pays musulmans réunis à Ryad, un discours soulignant ses « espoirs » pour une « vision pacifique » de l’islam.

Son influent conseiller à la sécurité nationale, le général H.R. McMaster, a promis un discours « source d’inspiration » mais aussi « franc ».

« Il sera très direct en évoquant la nécessité d’affronter l’extrémisme et le fait que nombreux sont ceux dans le monde musulman qui n’ont non seulement pas fait assez mais aussi encouragé cet extrémisme, au-delà des belles paroles de surface », a expliqué un responsable de la Maison Blanche sous couvert d’anonymat.

Quels mots choisira le président septuagénaire ? Quel ton adoptera-t-il? Adoucira-t-il son discours pour ne pas froisser ses hôtes, au risque de décevoir une partie de sa base électorale?

Utilisera-t-il l’expression « terrorisme islamique radical », qui provoque des grincements de dents dans le monde musulman mais dont il avait fait l’une de ses signatures durant la campagne, reprochant aux démocrates, qui l’évitent, de manquer de clarté et de détermination.

« En quoi utiliser cette formule permettrait d’obtenir des résultats? » s’était indigné Barack Obama qui a plusieurs fois mis en garde contre la « rhétorique haineuse » visant les musulmans.

En décembre 2015, peu après avoir lancé sa campagne, Donald Trump proposait de fermer purement et simplement l’accès aux Etats-Unis à tous les musulmans, le temps, disait-il, « de comprendre ce problème ».

Même à l’échelle des déclarations tonitruantes du milliardaire populiste, la proposition -rapidement abandonnée- avait choqué une grande partie de l’Amérique. Et provoqué une levée de boucliers, ses nombreux détracteurs rappelant que la Constitution américaine interdit toute discrimination religieuse.

« Je pense que l’islam nous déteste. Il y a énormément de haine », lançait-il en mars 2016 dans un entretien.

Plus d’un an plus tard, et dans ses habits de président de la première puissance mondiale, il est cependant probable qu’il opte pour un registre sensiblement différent, qui pourrait finalement ne pas être très éloigné de celui de ses deux prédécesseurs, Barack Obama et George W. Bush.

Sauf si, comme cela lui arrive fréquemment, il s’éloigne de son texte et de son téléprompteur, et se lance dans une tirade aux conséquences imprévisibles.

Dans une allocution restée célèbre, quelques jours seulement après les attentats du 11 septembre 2001, revendiqués par Al-Qaïda, George W. Bush s’était rendu dans une mosquée de Washington.

« L’islam, c’est la paix », avait-il lancé, insistant sur le fait que « le visage de la terreur » n’avait rien à voir avec cette religion pratiquée par des centaines de millions de personnes à travers le monde.

Barack Obama, lui, avait choisi l’université du Caire, en juin 2009, pour exposer, en début de mandat, sa vision de l’islam.

En commençant en arabe par un « Salam aleikum » (« que la paix soit sur vous ») à l’adresse des 1,5 milliard de musulmans du monde, il avait appelé à mettre fin « au cycle de la méfiance et de la discorde ». « Je suis venu chercher un nouveau départ entre les Etats-Unis et les musulmans à travers le monde », avait-il lancé.

  1. Trump devrait, en tout état de cause, profiter de l’occasion pour durcir encore le ton face à l’Iran, pour le grand plaisir des monarchies sunnites du Golfe qui redoutent l’influence de leur grand rival chiite.

Lundi matin, le 45e président des Etats-Unis quittera Ryad pour Israël, deuxième étape d’un voyage extrêmement dense qui le mènera aussi dans les Territoires palestiniens, au Vatican, à Bruxelles et en Sicile pour les sommets de l’Otan et du G7.

Sur ce périple plane néanmoins l’ombre, pesante, de l’enquête sur une possible collusion entre certains de ses proches et la Russie.

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