lundi , 10 décembre 2018
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Danemark/caricatures: la Cour suprême examine le cas de deux Tunisiens

Charlie_2_1.jpgCOPENHAGUE (AFP) –La Cour suprême du Danemark s’est réunie lundi pour examiner le cas de deux ressortissants tunisiens soupçonnés d’avoir projeté un attentat contre le dessinateur d’une caricature controversée de Mahomet, a-t-on appris de source judiciaire.

Les deux Tunisiens ont été arrêtés en février et détenus pendant plusieurs mois, sans avoir été inculpés, pour avoir planifié selon les renseignements danois un assassinat contre Kurt Westergaard, auteur de l’un des douze dessins satiriques du prophète Mahomet publiés le 30 septembre 2005 dans le quotidien danois Jyllands-Posten.

Les juges de la Haute Cour doivent se prononcer uniquement sur les raisons qui ont conduit à la privation de liberté des deux Tunisiens, et non sur leur culpabilité. Leur décision est attendue lundi prochain.

Les services de renseignement PET avaient réclamé leur incarcération et recommandé au gouvernement leur expulsion, estimant qu’ils constituaient une menace pour la sécurité de l’Etat.

Ils n’ont pas souhaité de procès afin, disent-ils, de ne pas être obligés de présenter des preuves pouvant compromettre leur coopération avec des services étrangers et pour ne pas dévoiler leurs méthodes de travail.

Les avocats des Tunisiens, Henrik Stagetorn et Frank Wenzel, ont porté l’affaire devant la Haute Cour, après que la demande de liberté de leurs clients eut été rejetée par le tribunal de première instance et par la Cour d’appel en juillet.

Ils estiment que leur maintien en détention pendant des mois n’était pas justifié au vu du peu de preuves fourni par le Pet.

L’un des deux Tunisiens âgé de 26 ans a préféré en août quitter volontairement le Danemark vers une destination inconnue.

Son compatriote de 37 ans, Slim Chafra, a été libéré en octobre après avoir bénéficié du droit d’asile et d’un statut de séjour dit « toléré » car ne pouvant être expulsé vers la Tunisie où il risque la torture, selon la commission de recours des réfugiés.

Son avocat, Me Wenzel, a souligné lundi aux journalistes, que son « client n'(avait) pas été condamné et (avait) toujours souhaité un procès afin qu’il soit blanchi des accusations contre lui ».

Selon lui, les services secrets « n’ont pas présenté une seule preuve tangible pour confondre » son client, présent lors de l’audience.

En effet, l’accusation publique a réitéré le même réquisitoire que dans les autres instances judiciaires, sans apporter de preuves concrètes concernant un éventuel attentat contre le dessinateur.

Sur la chaîne TV2 News, Me Wenzel a rappelé qu’un troisième complice dans cette affaire, un Danois d’origine marocaine de 40 ans, avait été relâché juste après son arrestation le 12 février et qu’il ne pouvait pas être expulsé, selon les autorités, en raison de sa nationalité danoise.

Ce Danois a été le seul parmi les trois à être inculpé avant que l’accusation publique ne renonce à engager des poursuites contre lui en juillet.

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