mercredi , 21 novembre 2018
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A un mois des primaires américaines, Dieu s’invite dans la campagne républicaine

Mike HuckabeeNew York (Le Monde)- un mois du début des primaires américaines, les candidats républicains qui aspirent à décrocher l’investiture du parti pour briguer la Maison Blanche ont déplacé leur centre d’intérêt. Ils se sont trouvé une nouvelle cible : Dieu. C’est lui, ou du moins son évocation constante, qui a permis à l’ex-gouverneur de l’Arkansas, Mike Huckabee, quasi anonyme il y a deux mois, de rattraper son retard et même de devancer ses concurrents à l’approche du premier « caucus » (vote après débat) qui, le 3 janvier dans l’Iowa, ouvrira les primaires.

Jusque-là au coude à coude avec le richissime homme d’affaires et ancien gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, Mike Huckabee écraserait désormais son rival mais aussi tous ses adversaires, si l’on en croit un sondage de l’hebdomadaire Newsweek, publié vendredi 7 décembre. Cette enquête d’opinion le situe, en effet, à 39 % d’intentions de vote, contre 17 % à M. Romney. Les autres sont loin, Rudy Giuliani, ex-maire de New York, tombant à 9 %.

Mais, il est vrai, M. Giuliani ne fait pas la chasse aux voix des chrétiens intégristes – dont beaucoup le détestent, parce que catholique et deux fois divorcé. Il mise non sur les « valeurs » mais sur la sécurité, sur le plan intérieur comme en politique étrangère. Et il attend les primaires dans les grands Etats américains, où il espère l’emporter. Ces Etats pèsent lourd sur la désignation du candidat du parti.

Mike Huckabee et Mitt Romney, eux, tentent de régénérer la stratégie qui a si bien réussi à George Bush en 2004 : coaliser l’électeur républicain traditionnel, le néoconservateur et le fondamentaliste.

Seul cet amalgame reconstitué, dans une situation où l’image de la Maison Blanche est détériorée, peut les faire gagner, estiment-ils. Sur ce terrain, M. Huckabee, ancien pasteur baptiste à l’allure sudiste prononcée, dispose d’un avantage. Et M. Romney déploie des efforts considérables pour surmonter son handicap : il est mormon. Autant dire, qu’aux yeux d’une bonne part des évangéliques, il est quasiment l’incarnation du démon.

Dans ses débats de campagne, la question lui revient sans cesse au visage : « La Bible est-elle, oui ou non, la vérité révélée dans chacun de ses mots ? » Ce n’est pas la position de l’Eglise des Saints des Derniers Jours, à laquelle M. Romney appartient. Celle-ci « révère » le Livre, mais estime qu’il contient « des erreurs ». Et elle vénère aussi trois ouvrages de son fondateur, Joseph Smith.

De guerre lasse, M. Romney a fini, jeudi, par prononcer au Texas un grand discours fondateur. « Je crois que Jésus est le fils de Dieu et le sauveur de l’humanité », mais « la liberté a besoin de la religion comme la religion de la liberté ». Il n’abandonnera donc pas sa foi. Et s’il est élu, « aucune autorité de mon Eglise, ni d’aucune Eglise, n’exercera jamais aucune influence sur les décisions présidentielles ».

Cela dit, il pouvait ensuite pourfendre « la religion laïque« , source de tous les maux. Patelin, M. Huckabee a reconnu qu’effectivement la religion d’une personne ne peut constituer « une barrière » à sa candidature. Car devenir président « n’a aucun rapport avec la foi ». « Il s’agit de savoir si la personne est cohérente avec sa propre foi… »

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