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France: des produits financiers islamiquement corrects

C’est une première dans la zone euro. La Société générale lance des produits «charia-compatibles» pour capter l’épargne des musulmans. Pas n’importe où. A la Réunion, «un laboratoire idéal», selon Xavier de Mascarel, directeur commercial de la BFC, la filiale chargée de la commercialisation : «Les musulmans représentent ici une réelle puissance économique. Et créer un fond halal [licite selon le Coran, ndlr] ne pose aucun problème pour les autres communautés.» Pour la plupart d’origine indienne, les zarabs de la Réunion représentent environ 55 000 personnes, sur une population de 800 000. Une communauté pratiquante qui a assuré sa prospérité dans le commerce. L’islam interdisant de percevoir ou de verser des intérêts, de nombreux chefs d’entreprise répugnent à placer leurs liquidités, au grand désespoir des banques. D’où l’idée de leur proposer des titres de créance charia , respectant la loi coranique.

Le premier fond levé par la BFC est constitué d’une sélection de valeurs tirées de l’indice religieusement correct Dow Jones Islamic Market. «Si l’on se servait du CAC 40 classique, les clients pourraient investir sans le savoir sur une société comme Pernod Ricard», rappelle Jérôme Pignolet de Fresnes, responsable de la gestion du patrimoine. Or les musulmans n’ont pas le droit de financer les producteurs d’alcool, le commerce du porc, les jeux de hasard…

L’autre fond fonctionne sur le principe de la murabaha. Le croyant ne spécule pas, il achète des matières premières, en l’occurrence du cuivre et de l’aluminium (l’or et l’argent sont interdits), dont le prix de vente à terme est déterminé dès la conclusion du contrat. Pour convaincre la communauté musulmane de la Réunion, la BFC a obtenu d’une assemblée d’oulémas d’Arabie saoudite et de Syrie une fatwa (décret religieux) délivrant le feu vert. Même succès auprès du Centre islamique de la Réunion. «On a pu vérifier que la banque respectait le Coran, c’était une demande très forte de notre communauté» , souligne le moufti Omarjee Chakil, imam dans une mosquée. Reste que le ticket d’entrée des deux fonds est de 10 000 euros… Pour toucher les foyers plus modestes, la BFC réfléchit déjà à un substitut au crédit classique, lui aussi interdit par le Coran. En métropole, rien pour l’instant : la maison mère craint d’être taxée de communautarisme.

Libération 16/04/2008

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