mardi , 30 mai 2017
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Espagne: le parti socialiste au pouvoir veut renforcer la laïcité

zapatero_1.jpgMADRID (AFP) –Le Parti socialiste (PSOE) au pouvoir, réuni en congrès à Madrid, a manifesté samedi sa volonté de renforcer la laïcité en Espagne, en éliminant notamment les symboles religieux des « espaces publics et des actes officiels ».

Cette intention, qui risque de relancer la confrontation entre l’Eglise catholique et le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero, est manifestée dans un texte diffusé samedi par le PSOE et visant à amender la « Loi organique de liberté religieuse » en vigueur en Espagne.

Le texte demande la fin du « confessionnalisme » qui persiste en Espagne, citant notamment le cas des « funérailles d’Etat », marquées par une liturgie catholique.

Cette disposition initiale a été toutefois écartée samedi après-midi, selon le PSOE. Elle été jugée « malencontreuse » dans la mesure où « la laïcité ne dispose pas d’une liturgie alternative », a indiqué un responsable socialiste.

Dans un souci de renforcer la « laïcité constitutionnelle » en Espagne, le PSOE réclame une « disparition progressive des symboles et liturgies religieux dans les espaces publics et dans les actes officiels de l’Etat ».

Cette mesure, selon le quotidien El Pais de samedi, aboutirait notamment à éliminer les crucifix des édifices publics et de manifestations comme la prestation de serment de nouveaux ministres au Palais de la Zarzuela devant le roi d’Espagne Juan Carlos.

Le texte socialiste ne réclame pas une révision des accords entre l’Etat et la puissante église catholique, dont les modalités de financement ont été récemment révisées, mais demande un rééquilibrage en faveur de religions minoritaires en Espagne, avec un « traitement égalitaire ».

Selon El Pais, l’Etat espagnol subventionne indirectement à hauteur de plus de 4 milliards d’euros par an l’Eglise et les organisations catholiques en Espagne, alors que les autres confessions, notamment l’islam, avec quelque trois millions de fidèles, reçoivent à peine 3 millions d’euros par an.

L’Eglise catholique, conclut le PSOE, « doit être consciente » que la Constitution espagnole ne lui accorde pas des « droits prédominants », ni des « privilèges » susceptibles de limiter le « caractère non confessionnel » de l’Etat.

Ce rappel intervient alors que les relations demeurent tendues entre le gouvernement Zapatero et les évêques espagnols, toujours très critiques des récentes réformes sociales socialistes comme le mariage homosexuel.

Les socialistes ont accusé l’Eglise de prendre clairement parti en faveur de la droite lors des récentes élections législatives, en accusant notamment le gouvernement de menacer la « famille » en Espagne ou d’avoir négocié avec l’organisation basque armée ETA.

M. Zapatero avait promis de « mettre les points sur les i » avec l’Eglise après ces élections qu’il a remportées, dans un pays qui se dit catholique à 80%, mais où la pratique est en forte baisse.

Le Congrès du PSOE a réaffirmé samedi l’importance de l’éducation civique obligatoire à l’école, une mesure combattue par l’Eglise et la droite alors que l’éducation religieuse est devenue facultative.

Et il devrait se prononcer en faveur d’un assouplissement de la loi sur l’avortement en Espagne, une autre sujet de confrontation avec l’Eglise.

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