jeudi , 20 septembre 2018
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Elections au Pakistan: Benazir Bhutto s’en prend violemment aux islamistes

Bénazir ButtoPESHAWAR (AFP) – L’ex-Premier ministre Benazir Bhutto, l’un des dirigeants de l’opposition, s’en est une nouvelle fois violemment prise aux « terroristes » islamistes mercredi lors de meetings tenus non loin de leurs bastions dans le nord-ouest du Pakistan, à deux semaines des législatives et au plus fort d’une vague d’attentats meurtriers.

« Les terroristes tuent des gens innocents, ils tuent des enfants innocents, des hommes, des femmes, sans discernement », a-t-elle lancé au cours d’un premier meeting sur la route entre Islamabad et Peshawar, la capitale de la Province de la Frontière du Nord-Ouest (NWFP), là où les combattants islamistes commettent le plus d’attentats ces derniers mois.

Les zones tribales du nord-ouest, qui longent à la fois la frontière afghane et la NWFP, sont devenues un bastion des jihadistes depuis 2001 et le renversement des talibans en Afghanistan, et Washington estime qu’Al-Qaïda y a reconstitué ses forces avec l’appui de tribus pakistanaises.

C’est précisément à 30 km au nord de Peshawar, à Charsadda, qu’un attentat suicide perpétré dans une mosquée au plus fort de la prière de l’Aïd Al-Adha, la principale fête des Musulmans, a tué vendredi 56 personnes, dont des enfants.

Après le siège et l’assaut de la Mosquée rouge d’Islamabad, au cours duquel l’armée a tué début juillet une centaine de fondamentalistes lourdement armés, les talibans pakistanais, mais aussi Oussama ben Laden lui-même, ont déclaré le djihad au président pakistanais Pervez Musharraf, un allié-clé des Etats-Unis dans leur « guerre contre le terrorisme » depuis fin 2001.

Au total, plus de 770 personnes ont été tuées dans une vague sans précédent d’attentats, suicide pour la quasi-totalité, en 2007, un record.

Mme Bhutto elle-même, qui a juré à plusieurs reprises d' »éliminer la menace islamiste » du Pakistan, a été visée le 18 octobre par l’attentat le plus meurtrier de l’histoire du pays, même si elle en a accusé des hauts responsables des autorités pakistanaises et des services de renseignements: deux kamikazes ont tué 139 personnes ce jour-là à Karachi (sud), alors qu’elle célébrait son retour de huit ans d’exil.

« Après l’éviction des talibans d’Afghanistan, les effets de l’extrémisme ont commencé à se faire sentir au Pakistan », a-t-elle également estimé devant quelque 5.000 sympathisants de son Parti du Peuple Pakistanais (PPP) réunis dans un stade de cricket à Peshawar.

Aussi, la police et les troupes paramilitaires ont déployé un impressionnant dispositif de sécurité pour l’accueillir dans cette gigantesque ville proche de la frontière afghane, a constaté un journaliste de l’AFP.

Mme Bhutto avait dû quitter le Pakistan en 1999 pour échapper à des poursuites pour corruption du temps où elle dirigeait le pays (1988-90 et 1993-96). Elle avait pu revenir le 18 octobre à la faveur d’une amnistie décrétée par le président Musharraf avec qui elle avait quasiment scellé un accord de partage du pouvoir à l’occasion des élections législatives et provinciales prévues pour le 8 janvier.

Mais depuis, M. Musharraf a décrété le 3 novembre l’état d’urgence, pour lutter notamment contre la menace islamiste selon lui, pour mettre au pas un ordre judiciaire qui menaçait d’annuler sa réélection pour un second mandat de chef de l’Etat, selon l’opposition.

Après quelques jours de tergiversations, Mme Bhutto a rejeté l’accord de partage du pouvoir et est devenu l’un des leaders de l’opposition, même si elle a adouci ses critiques depuis que M. Musharraf a levé l’état d’urgence le 15 décembre.

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